Cloches Haut-Saônoises

"Les mélodies de nos clochers haut-saônois…"

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Fondremand

Le blason :

Église Notre-Dame de l’Assomption

« Trio doubsien et vosgien au sein du plus beau village médiéval de Haute-Saône… »

Le village :

𝔇ernier reportage campanaire de l’année : Fondremand, petit village de caractère peuplé de 200 habitants se situant à environ 25 minutes au sud-ouest de Vesoul. Ce village, parsemé de remparts médiévaux, est un vrai petit bijou puisque ce dernier est, notamment, composé d’un château comprenant un donjon massif. Ceux-ci sont, tous deux, placés vers le lavoir où se situe la source de la Romaine. Le village possède, également, son église édifiée sous le vocable de la Nativité de Notre-Dame (bien entendu, nous y reviendrons, juste après). Au sein du village se trouve, aussi, une jolie petite fontaine abreuvoir : c’est un vrai petit « patelin pittoresque » ! Tout le monde peut visiter et découvrir ce joli petit hameau haut-saônois chaque année, précisément du 12 au 14 juillet, période pendant laquelle est organisée la fête de Fondremand : c’est l’occasion rêvée pour que petits et grands se fassent maquiller en animaux mais aussi pour que les artisans vanniers puissent exercer et montrer leur travail hors pair.


L’église :

𝔏’église se situe en haut du village, construite juste devant la forêt de la colline donc en retrait par rapport aux habitations avoisinantes. Le choix de son emplacement n’est pas anodin : à l’époque, on construisait toujours les églises plus hautes ou placées plus hautes que les châteaux car « Dieu est au-dessus des hommes. ». Cette dernière fut édifiée, principalement, aux 11ème, 12ème et 13ème siècles, ce qui fait que les styles gothique et roman se mêlent au sein de cette bâtisse religieuse. Cependant, la chapelle latérale gauche, dédiée à Saint-Christophe, servant de bras de transept gauche, a été ajoutée, au 15ème siècle. Le clocher, à section rectangulaire (peu courante, dans le département), sert, en quelque sorte, de bras de transept droit, permettant, ainsi, à ce que la forme de l’édifice soit globalement symétrique ; en vue aérienne, cette disposition forme, à peu de choses près, une croix latine. Quelques autres modifications ont été effectuées, comme l’ajout d’une voûte dans la nef : autrefois, cette dernière était à ciel ouvert, c’est-à-dire que la charpente, donnant l’illusion d’une coque de bateau renversée, était, autrefois, visible. Le clocher fut, également, modifié en sa base mais aussi et surtout au niveau de l’actuelle chambre des cloches : en-dessous des abat-sons actuels se trouvent plusieurs fenêtres romanes à doubles ouvertures dont une seule est ajourée avec de simples carreaux de verre en forme de losanges. C’est à cet endroit que se trouvaient, ici, initialement les cloches. Lorsque nous observons la base du clocher, il semble que l’église ait été bâtie dans le sens de la largeur du clocher, ce qui semble indiquer que la chapelle Saint-Christophe aurait été, auparavant, en quelques sortes, le chœur de l’édifice. Une petite ouverture, comblée au niveau du clocher et placée sous l’ancienne chambre des cloches, semble nous confirmer que le toit était situé, jadis, à ce niveau-là. À l’intérieur comme à l’extérieur de l’édifice, nous pouvons admirer la rosace mesurant 2,5 m de diamètre qui est une véritable rareté : elle ne possède pas 6 lobes mais 7, ce qui fait sa singularité. En nous dirigeant vers le fond de l’édifice, nous pouvons remarquer que les pierres tombales, servant de marches-dalles, nous font progresser vers l’autel, ce qui est le cas dans certaines anciennes églises. Au niveau du chœur, à gauche, est déposé un très ancien bas-relief unique en son genre.


L’accès :

𝔓our accéder au clocher, rien de plus simple : il nous suffit d’emprunter un petit escalier en pierres visibles depuis l’extérieur de l’église, ce dernier étant placé devant la façade du clocher. Après avoir admiré, au premier niveau, la somptueuse horloge mécanique conçue de plusieurs pièces de bronze, deux séries d’escaliers nous acheminent jusque sous les cloches. Attention, il ne faut pas avoir peur du vide et manquer de confiance en soi : les escaliers sont plus ou moins pentus et assemblés à l’aide de fines poutres en bois !


Les cloches :

𝔇ans l’étroit clocher de section rectangulaire se trouvent 3 cloches dont 2 datant du milieu du 19ème et une datant du début du 20ème siècle. Je vous propose de commencer par la description de la cloche datant du 20ème siècle puisque son histoire est plus qu’intéressante : cette cloche avait été, autrefois, fondue en 1699. Cependant, nous n’avons aucune indication sur son ou ses fondeurs qui, de ce fait, reste(nt) anonyme(s)… Elle eue, pour parrain, noble Monsieur DE MILLEY, seigneur de Gennes et, pour marraine, illustre Dame Jeanne-Baptiste de HENRI-LIÉTARD, compagne de l’illustre seigneur Jean-Simon DE ROSIÈRE, baron et seigneur de Fondremand, étant marquis de Sorans et copatron de l’alternative avec l’Abbé de Saint-Paul de l’église. Cette cloche, qui possédait, comme l’actuelle, l’inscription « VADE RETRO SATANA », se retrouva, un jour, malheureusement fêlée… On décida, alors, de la refondre en même temps que la grosse cloche toujours en place ; les fontes furent réalisées par la fonderie d’Émile BOURNEZ à Morteau, dans le Doubs. C’est en 1859 que la précédente petite cloche, nommée « Cécile », vit le jour. Elle eue, pour parrain, Monsieur VERBOIS, curé de Fondremand qui l’a baptisée au mois de juin de cette même année et, pour marraine, Mademoiselle Marie DE PRUNELÉ, famille native du village. Aux alentours de 1911, cette cloche, âgée de 50 ans, tomba lors d’une volée et fut retrouvée par les paysans dans un pré qu’on appelle, encore aujourd’hui, le pré « de la cloche ». Cela semble assez surprenant puisque la nouvelle cloche (fondue en 1912 par Ferdinand FARNIER de Robécourt, fondeur vosgien), qui est installée en lieu et place de l’ancienne, n’est pas placée directement devant les abat-sons : comment l’ancienne cloche aurait pu donc, en conséquence, traverser les abat-sons ? Serait on face à un cas de légende urbaine ? En tous cas, il est intéressant à noter qu’elle est soutenue par le joug ainsi que par les brides / ferrures de l’ancienne cloche HUMBERT, ce qui indique que l’ancienne cloche était donc placée à ce même endroit. Quoi qu’il en soit, l’actuelle petite cloche, bénite en novembre 1912 par Monsieur GAUTHIER, archevêque de Besançon ainsi que par Mr. L’Abbé SCHUHLER, curé, redonna du service. Cette dernière a, désormais, pour parrain, Monsieur A. RICHARDET, camérier du Pape et, pour marraine, Madame Marie de PUSSY, comtesse DE PRUNELÉ. De ce fait, ne connaissant pas le prénom précis de son parrain, nous allons l’appeler par le nom de sa marraine : « Marie ». D’un poids de, tout de même, 572 kilos et d’un diamètre frôlant les 99 cm, cette cloche sonne les angélus du matin (6h), du midi (12h) et du soir (19h). Son marteau de tintements, placer à proximité, la frappe 3×3 fois, avant les angelus. La grande cloche, comme cité plus haut, est la plus ancienne puisqu’elle date de 1859. Bien que ne possédant, également, pas de nom, nous connaissons, contrairement à sa petite sœur de beffroi, le prénom de son parrain, Mr. HENRI, marquis DE PRUNELÉ ainsi que celui de sa marraine, Mademoiselle Delphine DE CLERMONT MONT SAINT-JEAN, comtesse de Courtivon. Nous pouvons donc supposer que porte le prénom de sa marraine : « Delphine ». Cette cloche s’est vu s’offrir, récemment, un nouveau battant ainsi qu’un nouveau marteau de tintements horaires : c’est elle qui sonne de nouveau les heures, dorénavant. Pourquoi « dorénavant » ? Nous en reparlerons, par la suite. Celle-ci, bien plus conséquente avec son 1,19 m de diamètre et son poids de 960 kilos gravé sur le haut de sa robe, rase les murs ainsi que les abat-sons ! Elle possède, également, d’autres inscriptions gravées : « Mrs Joseph SOITTOUX Mre ET MAIRE A FONDREMAnd » « Cde ET E-GOUX MAIRE DE TRESILLEY ». Cette cloche a une sonorité bien particulière puisque son profil est assez « droit » (sa robe est plus « droite » que d’autres cloches à la forme plus « courbée. »). Personnellement, je trouve que sa sonorité donne un charme supplémentaire à la sonnerie qui rappelle un petit côté « médiéval », d’une part et qui tranche parfaitement avec la clarté et la pureté de la sonorité de la cloche FARNIER. Comme je vous l’ai cité juste auparavant, la grande cloche tinte, désormais, les heures. Ce n’était pas le cas, autrefois, puisque, entre les 2 cloches et un étage au-dessus du beffroi de chêne renforcé par des tirants de fer, se trouve une petite cloche ; celle-ci, qui aurait été, également, fondue en 1859, est placée du côté opposé à l’accès. Cette dernière information n’a pu être vérifiée car son accès est difficile, dû à l’étroitesse du clocher : de ce fait, nous ne connaissons pas son diamètre ainsi que son épaisseur qui auraient pu, à eux deux, nous permettre de calculer son poids approximatif… D’après mes connaissances, je pense qu’elle doit mesurer environ 65 cm de diamètre pour un poids estimé d’environ 150 kg. Cette cloche était, autrefois, reliée à la magnifique horloge mécanique située en contre-bas de l’accès que je vous ai brièvement présentée, précédemment. Son marteau de tintements horaires, depuis hors service, autrefois actionné par l’horloge mécanique, lui permettait de sonner les heures et de faire, ainsi, entendre son mignon petit Ré4. Malheureusement, suite à l’électrification des cloches effectuée il y a quelques années déjà, cette petite dame de bronze se retrouve, désormais, muette… Espérons que cette dernière puisse reprendre du service : cela serait dommage qu’une cloche dans un clocher, même fixe, se taise et ce à tout jamais…


Mon ressenti :

𝔓our clôturer ma présentation sur ces 3 belles cloches qui remplissent ce beau et haut clocher pittoresque, je me dois d’exprimer mon ressenti qui est, globalement, positif. En effet, malgré quelques petits couacs pour démarrer les cloches (disjonction du tableau de commande + mise en sécurité du moteur de la petite cloche…), j’ai vraiment apprécié répertorier cette jolie tierce mineure en Mi et Sol de la troisième octave (accord assez rare dans le département se démarquant de par les sonorités et les histoires de chacune des cloches le composant) présente dans un des plus beaux villages de Haute-Saône.


Cloche n°1 / « Grosse cloche »

« Delphine » (? : nom de la marraine) | ⌀ 1,188 m | 960 kg (poids inscrit) | BOURNEZ (Émile) | Morteau (Doubs) | 1859 | Mi3

Inscriptions… :

… au niveau du milieu de la robe… :

… côté nef :

960 KG

JAI ETE BENITE EN JUIN 1859 PAR Mr VERBOIS CURE DE LA PAROISSE

J’AI EU POUR PARRAIN Mr HENRI MARQUIS DE PRUNELE ET POUR MARRAINE Melle DELPHINE DE CLERMONT-FERRAND MONT St-JEAN COMTESSE DE COURTIVON

LAUDO DEUM VERUM PLEBEM VOCO CONGREGO CLERUM

DEFUNCTOS PLORO PESTEM FUGO FESTO DECORO

… côté chœur :

Mrs Jh SOITTOUX Mre ET MAIRE A FONDREMAnd

Cde ET E-GOUX MAIRE DE TRESILLEY

… côté droit (en partant de la façade) :

(cartouche du fondeur) :

EMILE BOURNEZ FONDEUR A MORTEAU


Cloche n°2 / « Cloche moyenne »

« Marie » (? : nom du parrain inconnu et de la marraine) | ⌀ 98,8 cm | 572 kg | FARNIER (Ferdinand) | Robécourt (Vosges) | 1912 | Sol3

Inscriptions… :

… au niveau du milieu de la robe :

± JE DATE DE 1699.

J’AI ETE BENITE ET REFONDUE EN JUIN 1859.

J’AI EU POUR PARRAIN, Mr. VERBOIS, CURE DE FONDREMAND ET POUR MARRAINE, Melle. MARIE DE PRUNELE.

REFONDUE DE NOUVEAU, J’AI ETE BAPTISEE EN NOVEMBRE 1912, Mr. GAUTHEY ETANT ARCHEVEQUE DE BESANCON, Mr. L’ABBE SCHUHLER, CURE DE FONDREMAND, Mr. LE CONTE DE PRUNELE, MAIRE DE FONDREMAND ET Mr. J. C. POUFERT, MAIRE DE TRESILLEY.

J’AI EU POUR PARRAIN, Mr. A. RICHARDET, CAMERIER DU PAPE ET POUR MARRAINE, Mme. MARIE DE PUSSY COMTESSE DE PNUNELE.

VADE RETRO SATANA VOX MEA… (* : caractères illisibles) SIT TERROR DÆMONORUN.

… au niveau de la pince :

… côté nef :

FERDINAND FARNIER FONDEUR A ROBECOURT (VOSGES)


Cloche n°3 / « Petite cloche »

L’audio :


La vidéo :


Mes remerciements :

𝔍e tiens à remercier, comme il se doit, Mr. Jean-Charles HANRIOT, maire, pour son autorisation exceptionnelle de réaliser un reportage envers les cloches de son église comprenant une sonnerie dite « exceptionnelle », c’est-à-dire effectuée hors offices religieux.

𝔐es plus vifs remerciements s’adressent, également, à Mr. Alain DÉNOYER, gardien de l’église, pour l’ouverture des portes, pour son aide apporté et pour son intérêt envers mon projet de répertorisation de toutes les cloches du département.


𝔄rticle soutenu par la commune de Fondremand

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