Église de l’Assomption
« Simplicité et singularité au sein d’un même duo… »
Le village :
𝕸agnivray est une jolie et simple petite commune haut-saônoise d’environ 165 habitants située au nord de Lure et au sud-est de Luxeuil-les-Bains, à environ un quart d’heure pour chacune de ces deux villes. Jonchée dans un petit coin de verdure reculé de toutes autres populations, il est très agréable de s’y rendre et de le contempler en son ensemble, depuis les collines avoisinantes l’encerclant.
L’église :
𝕷’église, érigée sous le titre de l’Assomption se trouvant à proximité de l’entrée du village, a été édifiée de 1827 à 1832. D’extérieur comme d’intérieur, cette église possède une apparence épurée et simple mais qui reste, néanmoins, plaisante, la simplicité ne faisant jamais de mal. Bien que d’apparence somme toute plus classique, elle sait se montrer, à la fois, plutôt imposante d’extérieur comme subtilement raffinée d’intérieur. En parlant de ce dernier, de couleur écrue est éclairé par ses beaux vitraux d’origine, il est, toutefois, contrasté par les bras du transept et le chœur en forme de cul de four qui sont plaqués d’un bois foncé ainsi que par le mobilier divers lui faisant prendre vie.
L’accès :
𝕬fin d’accéder au haut beffroi des cloches, il nous suffira d’emprunter un simple escalier en colimaçon ; présent dans la majorité des clochers comtois ; placé du côté gauche, en partant de la façade. Ce même escalier nous acheminera jusqu’au premier niveau du clocher : par la suite, il nous faudra emprunter deux échelles en métal mises en place depuis la réfection des planchers de l’accès effectuée par le cantonnier communal.
Les cloches :
𝕷e clocher de l’église, de faible taille et coiffé d’un simple toit à pavillon, comporte 2 cloches de taille moyenne. Afin de commencer tout en douceur, je vous propose de vous raconter, tout d’abord, l’histoire de la petite cloche. Cette dernière, sonnant les angélus quotidiens rythmant les journées des habitants, a été refondue, en 1947 : elle résulte de la fonte de 2 cloches autrefois présentes au clocher qui dataient de 1844 et de 1907. Comme l’attestent ses inscriptions, « Othilie-Jeanne-Aristide », lie, en son airain, ces 2 cloches qui ont remplies leurs fonctions, pendant 98 et 39 ans. En effet, la plus ancienne des deux perdit sa voix, après avoir chanté, avec entrain, l’annonce de l’Armistice de la seconde guerre mondiale. On décida, alors, de refondre sa sœur de même chambre, afin de fondre une nouvelle cloche de taille plus conséquente qui accompagnera, désormais, sa grande sœur toujours en place datant de 1869. La tâche fut confiée par le fondeur Armand BLANCHET de Bagnolet, dans le Loiret, près de Paris : à vrai dire, ce fondeur n’est pas du tout courant, dans le département.. et je dirais même dans la région ! D’ailleurs, nous pouvons constater, sur le beffroi, des marques nous indiquant clairement que le clocher de l’église de Magnivray comportait, bel et bien, 3 cloches, auparavant : au niveau de la chasse du battant de la petite cloche, de part et d’autre du beffroi, sont visibles deux marques de pignons. De plus, sous les cales faites de bois surélevant le joug de la « nouvelle » petite cloche se trouvent le précédent emplacement de l’une de ces des deux anciennes cloches. Désormais, la nouvelle petite cloche a, pour dimensions, un petit 99 cm de diamètre et pèse, d’après estimation, aux alentours des 540 kg. En effet, malgré le fait que le poids soit indiqué au niveau du pourtour du haut de sa robe, les deux derniers chiffres suivant la centaine ne sont guère visibles, dus à un défaut de coulée… Pour finir sur cette dernière, elle nous donne la magnifique note du Sol de la troisième octave. Lors d’un bref passage étant, à la fois, un repérage à proximité de l’église de Magnivray, j’ai trouvé, lors de sa volée durant l’angélus de midi, que le son de cette cloche était particulièrement clair. Je m’étais même fait l’hypothèse que cette cloche pouvait être fondue par la fonderie PACCARD, c’est vous dire ! Désormais, passons à sa grande sœur qui a, pour rôle, de tinter les heures et de pleurer les morts : la « grande cloche ». Cette dernière est bien plus ancienne que sa consœur puisque, comme cité plus haut, elle date de 1869. Elle fût fondue par deux fondeurs que nous retrouvons avec parcimonie en Haute-Saône puisqu’il s’agit des Frères MARTIN de Breuvannes, provenant de Haute-Marne, département limitrophe. Comme beaucoup de cloches datant du XIXème siècle, elle ne possède pas de nom précis. Cependant, son parrain étant Louis-Jules et sa marraine Delphine, membres, tous deux, de la famille FERRY, nous pouvons supposer que son nom est « Louise-Julie-Delphine » : c’est ainsi que nous l’appellerons. Cette cloche est d’autant plus conséquente que sa cadette puisqu’elle mesure plus de 1,14 m de diamètre pour un poids avoisinant les 800 kg. Ces dimensions sont tout à fait respectables, pour une cloche donnant la note du Fa, également de la troisième octave. Petite anecdote que moi et mon père avons seulement remarqué, à la fin de notre reportage et ce juste avant de nous en aller : cette dernière a été hissée, depuis l’extérieur du clocher et ce par l’abat-son se situant à ses côtés ! La cloche étant plus large que ce dernier, quelques pierres ont dû être enlevées et taillées, en fonction de sa forme, afin qu’elle puisse rejoindre sa nouvelle maison.
Mon ressenti :
𝕸on ressenti est bon : je trouve que ce duo, bien que simple d’accord, est très appréciable à écouter. De plus, il se démarque, grâce à la petite cloche, du fait de sa sonorité particulièrement pure ainsi que de sa provenance peu courante dans les environs. Elle contraste agréablement avec le son plus « rustique » de la grosse cloche. Justement, petit bémol, à propos d’elle : je déplore que le battant de la grosse cloche, restauré également, frappe légèrement trop haut, dans la cloche, ce qui n’est pas forcément, à la fois, bon pour la cloche comme agréable à entendre, dans certains cas plus extrêmes.
Cloche n°1 / « Grosse cloche » :
« Louise-Julie-Delphine » (? : noms du parrain féminisés et de la marraine) | ⌀ 1,144 m | 7,2 cm | ≈ 800 kg (calculé) | MARTIN (Frères) | Breuvannes (Haute-Marne) | 1869 | Fa3 (nuances basses)
Inscriptions… :
– … au niveau du pourtour du haut de la robe (commençant côté façade) :
1 / L AN DE GRACE 1866 SOUS LE PONTIFICAT DE S S PIE IX J AI ETE BENITE PAR Fs XAVIER BONGEOT CURE DE LA PAROISSE 👉🏻
2 / 👉🏻 J AI EU POUR PARRAIN LOUIS JULES FERRY FILS MINEUR DE NICOLAS EUGENE ET DE FELECIE VERNEY DOMICILIES A LA 👉🏻
3 / 👉🏻 CHAPELLE LES LEUXEUIL ET POUR MARRAINE DELPHINE FERRY FILLE MAJEURE DE Fs XAVIER ET DE FAIVRE ADELAIDE 👉🏻
4 / 👉🏻 VICTORINE EMELIE DOMICILIES A RIGNOVELLE THIEBAUD MAIRE DE LA COMMUNE DE MAGNIVRAY
– … au niveau du bas de la robe (côté gauche, en partant de la façade) :
(signature du fondeur)
MARTIN FRERES FONDEURS A BREUVANNES HAUTE MARNE
Cloche n°2 / « Petite cloche » :
« Othilie-Jeanne-Aristide » | ⌀ 98,8 cm | 6,5 cm | ≈ 540 kg (calculé car inscriptions illisibles) | BLANCHET (Armand) | Bagnolet (Loiret) | 1947 | Sol3
Inscriptions… :
– … côté nef :
OTHILIE JEANNE ARISTIDE
– … sur le pourtour du haut de la robe (commençant côté droit) :
1 / ± FELEE EN 1946 APRES 98 ANS DE SERVICE, J’AI ETE REFONDUE EN 1947 AVEC MA SŒUR AINEE QUI REMPLIT SES FONCTIONS DURANT 39 ANS PAR _ (espace entre inscriptions) 👉🏻 _
2 / _ 👉🏻 ARMAND BLANCHET DE BAGNOLET. JE DOIS L’EXISTENCE A LA GENEROSITE DES PAROISSIENS DE MAGNIVRAY ET DE RIGNOVELLE. JE PESE 5** (*: caractère illisible) KGS. _ 👉🏻 _
3 / 👉🏻 J’AI ETE BENITE EN 1948 PAR MONSEIGNEUR PIROLLEY VIC GEN. DE MGR DUBOURG ARCH. DE BESANCON. J’AI EU POUR PARRAIN ARISTIDE PERNOT DE RIGNOVELLE _
4 / _ ET POUR MARRAINE OTHILIE PINOT DE MAGNIVRAY. L’ABBE BAZARD D’ECHENOZ LA MELINE ETANT CURE.
5 / 🌸 GLOIRE A DIEU ET MARIE 🌸 JE PLEURE AVEC CEUX QUI SONT DANS LA TRISTESSE 🌸 GLOIRE A DIEU ET A MARIE 🌸 JE CHANTE AVEC CEUX QUI SONT DANS L’ALEGRESSE
La vidéo :
Mes remerciements :
𝕵e tiens à adresser mes plus vifs remerciements à Mr. Christian CHAMAGNE, maire de la commune, pour m’avoir donné son autorisation exceptionnelle de réaliser un reportage envers les cloches de son église avec sonnerie exceptionnelle comprise soit hors des offices religieux. 𝕽emerciement, également, à Mr. Jacques THIÉBAUD conseiller municipal, 1er adjoint au maire et sacristain de l’église ainsi qu’au cantonnier pour l’ouverture des portes de cette dernière, pour leur aide apporté au reportage et, globalement, pour leur intérêt envers mon projet de répertorier toutes les cloches du département.
𝕬rticle soutenue par la commune de Magnivray


