Cloches Haut-Saônoises

"Les mélodies de nos clochers haut-saônois…"

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Nancy

Le blason :

Basilique Notre-Dame de Lourdes

« 14 tonnes de bronze chantant dans le ciel de Nancy… »

La ville :

𝕹ancy, ville très connue de l’Est de la France, est peuplée d’environ 105 000 nancéiens hors agglomération. L’agglomération, elle, possède un peu plus du double puisque, avec cette dernière, c’est plus de 287 000 habitants qui vivent à proximité de cette ville surnommée « le petit Paris » ou, encore et plus significatif pour tous, « la ville aux portes d’or ». Quand nous parlons des portes d’or, vous l’aurez sans doutes deviné : nous parlons bien évidement de la célèbre « place Stanislas » érigée en l’honneur de Stanislas LESZCZYNSKI ayant été duc de Lorraine de 1737 à 1766 soit durant près de 29 ans. Cette dernière a d’ailleurs été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1983. Elle est aussi connue pour ses mélanges de styles architecturaux comme le style baroque et le style « art nouveau » présents sur plusieurs bâtiments de la ville ou encore au sein des maisons des pionniers du style « art nouveau » tels que GALLÉ et MAJORELLE.


La basilique :

𝕬u milieu des immeubles, une élégante flèche néogothique se démarque par son style et sa hauteur vertigineuse : perçant le ciel de Nancy de ses 84,2 m de haut, elle est l’une des flèches des édifices religieux les plus hauts de l’Est de la France. Mais avant cela, la basilique Notre-Dame de Lourdes de Nancy que nous connaissons aujourd’hui n’était pourtant qu’une simple chapelle. La ville a toujours voulu se parer d’une somptueuse et haute basilique qui serait érigée au titre de Notre-Dame de Lourdes. La réalisation de ce projet hors-norme fut décidé le 30 juillet 1908 par Charles François TURINAZ, évêque de Nancy et de Toul : c’est cette même année, le 13 décembre, que les 3 premières cloches (les plus petites) seront fondues et bénies pour la chapelle qui, à l’époque, était nommée la chapelle des Frères Saint Charles. Cette dernière, qui portait le même vocable que la basilique actuelle, est devenue, par la suite, église dite « provisoire ». Cette décision sera félicitée dans une lettre datant du 25 août 1908 par le pape Pie X. Deux mois plus tard, le 25 octobre 1908, la première pierre fut posée, confirmant le début des travaux. Ces derniers commencèrent et s’étalèrent sur une durée de 25 ans : l’achèvement de la construction de la flèche et du narthex n’eurent lieux qu’en 1933, le chantier ayant dû être stoppé entre 1914 et 1918, date du début et de la fin de la première guerre mondiale. Après cela l’édifice a pu enfin être ouvert au public et pu être contemplé d’extérieur comme d’intérieur par de multiples visiteurs. La basilique, de style néo roman et construite par l’architecte nancéien Jules CRIQUI, possède des dimensions toutes plus impressionnante les unes que les autres : elle détient le titre du plus long édifice de la ville, avec ses 76 m de long (porche de 14 m compris). La largeur de l’édifice est de 21 m, sa nef principale possède une largeur de 21 m et une hauteur sous voûtes de 22,5 m. Son chœur présente la forme d’une abside circulaire et porte, sur chacun de ses murs, l’inscription latine « AVE | GRATIA | PLENA | DOMINUS | TECUM », ce qui signifie, en français « Je vous salue, plein(e) de grâce. Le seigneur est avec vous. » Désormais, la basilique se dresse là, à proximité de la rue portant son vocable, plus imposante que jamais et se fait remarquer en périphérie nancéienne, avec sa flèche fendant le ciel.


L’accès :

𝕷’accès au beffroi est très aisé : en effet, il nous faut, dans un premier temps, emprunter un des deux escaliers en colimaçon érigé du côté droit de la façade qui nous achemine jusqu’à une porte en verre, cette dernière nous permettant d’accéder à la terrasse du parvis. De là, nous pouvons admirer, dans un premier temps, la rosace qui, en son centre, est ornée de 4 anges portant chacun en leurs mains une lettre indiquant le Nord (N), le Sud (S), l’Est (E) et l’Ouest (O). Dans un second temps, l’inscription latine « LAUDATE | MARIAM » / « Louez | Marie. » est visible en dessous des corniches des travées. Une fois la terrasse du parvis traversée, une seconde porte en verre nous permet d’accéder à un autre petit escalier en colimaçon précédant un petit couloir circulaire qui nous achemine au premier niveau de l’imposant beffroi semblable à une tourelle composée d’épaisses poutres métalliques. Il nous faut encore être courageux pour monter tout notre matériel puisque un ensemble de 5 escaliers disposés sur 2 niveaux restent à gravir (dont celui fortement éclairé par les cadrans précédant l’arrivée sous la cloche n°3 visible depuis le second niveau). Plus qu’une trappe métallique à pousser.. et le tour est joué : nous découvrons le beffroi de la basilique Notre-Dame de Lourdes de Nancy !


Les cloches :

𝕯errière cette dentelle de béton s’élançant élégamment dans le ciel de Nancy se cache un véritable puzzle de poutres en acier qui, enchevêtrées entre elles, forment le beffroi du clocher de la basilique Notre-Dame de Lourdes. Ce dernier supporte un impressionnant ensemble campanaire composé de 8 cloches en profil renforcé qui, à lui seul, avoisine une masse colossale de plus de 14 tonnes, de quoi se sentir comme pris de haut, face à ce dernier ! Toutes ont été fondues par le célèbre Jules ROBERT, fondeur de cloches établi à Nancy. Sur ces 8 cloches, 3 d’entre elles (les plus petites) datent de 1908 tandis que les 5 plus grandes ont été fondues en 1931 pour célébrer l’élévation de la basilique devenue la troisième de la ville, après celles de Saint-Epvre et du Sacré-Cœur. Ces 3 cloches, nommées « Marie » « Charlotte » et « Bernadette » (de la plus grande à la plus petite), furent, autrefois, installées dans le maigre clocher de l’ancienne chapelle avec, déjà, le souhait et la décision de Mr. Charles François TURINAZ de bâtir une basilique sur le même lieu. Une fois le clocher de la basilique achevé en 1929, les 3 cloches furent hissées en 1931 (année de fontes des 5 plus grandes cloches) dans le nouveau clocher, tout en conservant leurs équipements d’origine. D’ailleurs, la plus grande d’entre elles nous indique, par la conception de son joug de bois conçue pour une volée dite en « lancé franc », l’étroitesse du précédent clocheton de l’ancienne chapelle : en effet, ses anses formant sa couronne pénètrent légèrement dans son joug tandis que ses plus petites sœurs sonnent dans un mode de lancé que l’on nomme le « super lancé ». Contrairement à la cloche « Marie », l’axe de gravité des cloches « Charlotte » et « Bernadette » fut abaissé, à l’aide d’une pièce en bois placée au-dessus de leur couronne, afin de leur donner un rythme un peu plus lent. Ces 3 cloches sont disposées de façon originale du côté de la face Sud, au-dessus de la 5ème des plus « petites » et « légères » cloches de 1931 et se balancent dans le sens de la façade. La plus lourde des 3, donnant le La de la troisième octave, est placée tout en haut alors que les 2 plus petites, donnant le Si de la même octave et le Do♯ de la quatrième et sonnant l’une en face de l’autre, sont situées en dessous de cette première. Il est à constater que ces cloches, plus anciennes que les 5 plus grandes, forment un accord nommé « Pater Noster » ; chaque cloche est séparée d’un joli ton, certes, mais légèrement dissonant : effectivement, leurs volées dévoilent que la plus grande donne un La3 plutôt haut et que la plus petite des 3 donne un Do♯ haut tirant vers un Ré4. D’un avis tout à fait personnel et, à la fois, objectif, je trouve que cela renforce d’avantage la singularité de cette sonnerie à l’accord déroutant et paradoxalement solennel. En souvenir de la vie d’antan lorsqu’une une partie du ciel de Nancy était uniquement rythmé par ces vénérables « petites » demoiselles de bronze, il fut décidé que les 2 plus petites tinteraient les quarts d’heure tandis que la plus grande chanterait les heures. Cela permet encore plus de laisser planer le suspense sur ce que nous réserve le haut clocher élancé de Notre-Dame de Lourdes. Justement, parlons, désormais, des 5 plus grandes cloches qui permettent de donner à la basilique Notre-Dame de Lourdes de Nancy une sonnerie digne de ce nom : ces cloches, de mensurations particulièrement imposantes, sont disposées de la façon suivante : comme dit précédemment, la cloche n°5 se trouve au premier niveau en dessous des 3 plus anciennes. Les bourdons sont placés l’un au-dessus de l’autre au centre du beffroi : le « Gros bourdon » (ou « Cloche n°1 ») en bas, le « Petit bourdon » ou « Cloche n°1 » en haut. Les cloches n°3 et n°4 qui forment, à elles deux, un demi-ton, sont placées l’une au dessus de l’autre du côté de la face Nord, là où l’escalier muni d’une trappe métallique permet l’accès au beffroi juste en dessous de la cloche n°3. Les 3 plus grandes cloches ont leur couronne respective pénétrant dans leur joug, afin de limiter les efforts de poussées transversales sur le beffroi et la maçonnerie porteuse (les murs du clocher). Comme l’attestent leurs inscriptions, elles sont nommées, du « Gros bourdon » à la cloche n°5, « Jeanne-d’Arc », « Thérèse de l’Enfant-Jésus », « Gertrude », « Marguerite-Marie » et « Élisabeth ». Tout comme la plus petite de ces 8 cloches dédiée en souvenir de « Bernadette », voyante de la grotte de Massabielle à Lourdes (65 / Hautes-Pyrénées), il est inscrit, au niveau du pourtour du haut de leur robe, que leur nom a été attribué en l’honneur, en mémoire ou en souvenir d’une ou de plusieurs personnalité(s) religieuse(s) et/ou simplement croyante(s). Leur fondeur, Jules ROBERT, a donné un réel sens au mot « robe » en leur attribuant, à chacune, une frise haute néogothique avec, dans ses encarts, la représentation de plusieurs saints ainsi que des frises basses fleuries et perlées mélangeant motifs végétaux, néo-gothiques et romans : un travail extrêmement fin qui donne l’illusion d’une véritable dentelle de bronze ! Les documents placés au-dessus du tableau de commandes cloches de la sacristie fort bien détaillés, nous indiquent ceci :


– cloche n°1 / « Gros Bourdon » : dédié(e) à « Jeanne-d’Arc » ; dite « la bonne lorraine » ; patronne de la France

– cloche n°2 / « Petit Bourdon » : dédié(e) à « Thérèse de l’Enfant-Jésus », sainte carmélite de Lisieux (14 / Calvados) et bienfaitrice de la basilique Du Montet (03 / Allier)

– cloche n°3 : dédiée à « Gertrude », théologienne du Sacré-Cœur

– cloche n°4 : dédiée à « Marguerite-Marie », voyante de Paray-le-Monial (71 / Saône-et-Loire)

– cloche n°5 : dédiée à « Élisabeth », en mémoire, notamment, de Mme. FERDINAND-LŒVENBRUCK née Élisabeth CAZAL


Toutes pèsent, d’après ces derniers, un poids respectif de 4.2 t, 3.2 t, 2.2 t, 1.9 t et 1.4 t : de véritables colosses d’airain (alliage de 78% de cuivre et de 22% d’étain) ! Leurs notes, étant le La et le Si de la deuxième octave (pour les 2 bourdons) ainsi que le Do♯, le Ré et le Mi de la troisième, s’accordent à la perfection avec les 3 doyennes de la sonnerie. En écoutant plus précisément le plénum (la sonnerie de toutes les cloches), il est à remarquer que la cloche n°3 donne un Do♯3 légèrement bas : cette subtile fausseté donne une dimension encore plus solennelle et plus unique à la sonnerie.


Mon ressenti :

𝕸algré…

* … les petits couacs pour faire sonner les cloches (impossibilité de faire sonner le plénum pendant plus de 10 minutes hors de l’office religieux quotidien des dimanches matin, à la suite d’une programmation sur le tableau de commande des cloches)…

* … et les petits problèmes techniques concernant exclusivement l’installation campanaire restant à traiter, … :

– marteau de tintements horaires de la petite cloche mal réglé car restant collé à la cloche

– angle de volées trop prononcé de cette dernière

– battant du petit bourdon frappant légèrement trop bas

– certains battants faisant des 8, malgré le remplacement de certains équipements (chaîne d’entraînements, roues de volées, roulements à billes et cales de battants)

… je n’ai pu rester indifférent devant cette merveille, cette beauté campanaire. Je resterai toujours autant ébahi par la qualité des cloches Jules ROBERT, aussi bien en terme de décors que de sonorité. J’ai été particulièrement impressionné par la volée du gros bourdon dont chaque frappe puissante de son lourd battant muni d’une longue et épaisse chasse se fait ressentir jusque dans la sacristie ! En prime, cet ensemble campanaire imposant est juché dans un magnifique édifice religieux dont la flèche, visible à des kilomètres à la ronde, a de quoi ravir tous les passionnées d’art campanaire !


Cloche n°1 / « Gros bourdon » :

« Jeanne-d’Arc » | ⌀ 1,83 m | 4.2 t | ROBERT (Jules) | Nancy (Meurthe-et-Moselle) | 1931 | La2

Cloche n°2 / « Petit bourdon » :

« Thérèse de l’Enfant-Jésus » | ⌀ 1,64 m | 3.2 t | ROBERT (J.) | 1931 | Si2

Cloche n°3 :

« Gertrude » | ⌀ 1,47 m | 2.2 t | ROBERT (J.) | 1931 | Do♯3 (nuances basses)

Cloche n°4 :

« Marguerite-Marie » | ⌀ 1,365 m | 1.9 t | ROBERT (J.) | 1931 | Ré3

Cloche n°5 :

« Élisabeth » | ⌀ 1,215 m | 1.4 t | ROBERT (J.) | 1931 | Mi3

Cloche n°6 :

« Marie » | ⌀ 90 cm | 515 kg | ROBERT (J.) | 1908 | La3 (nuances hautes)

Cloche n°7 :

« Charlotte » | ⌀ 80 cm | 378 kg | ROBERT (J.) | 1908 | Si3

Cloche n°8 :

« Bernadette » | ⌀ 73 cm | 276 kg | ROBERT (J.) | 1908 | Do♯4 (haut)

Document avec inscriptions


La vidéo :


Mes remerciements :

𝕸es plus sincères remerciements s’adressent, tout d’abord, au Père Christophe MARTIN, curé de la basilique Notre-Dame de Lourdes de Nancy, pour son autorisation exceptionnelle donnée en 2020 (soit il y maintenant 5 ans !), afin de pouvoir réaliser un reportage sur les cloches avec sonnerie exceptionnelle de ces dernières. Je le remercie, également, pour son accueil chaleureux, pour le prêt des clés menant au clocher ainsi que pour sa présence à nos côtés durant toute la durée du reportage, malgré un emploi du temps très chargé (visite effectuée le lundi 14 avril, lundi de la semaine Sainte). Ensuite, je tiens à remercier 2 collègues et, avant tout, amis de passion commune :

– Nicolas BAUER, pour sa présence à mes côtés durant cette magnifique journée campanaire

– Mehdi HUREAUX / « SHDF – Sonneries Hauts-de-France » (anciennement « Cloches Comtoises ») pour avoir calé, ajusté et amplifié mes 2 audios nécessaires à la réalisation de cette vidéo


𝕬rticle soutenu par la paroisse Notre-Dame de Lourdes de Nancy

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